- Nan, j'ai plus envie. Lâches moi, j'ai plus envie.
- J' en ai marre, je fais plus rien !
- Mais arrête un peu ! Vas-y, lêve toi ! Sinon je vis comment ? Tu me dis ?!
- J'en sais rien. Compte plus sur moi, j'ai trop mal au coeur, j'ai trop de choses sur le coeur.
- Bah justement, ça devrait t'inspirer ! Vas-y, écris, allez !
- J'y arriverai pas...
- Mais arrête un peu, relêve la tête, arrête de chouiner ! Vas-y écris et moi je pars au front ! Okay ? C'est moi qui te défends.
- Okay, mais d'abord il faut qu'on parle car c'est de ta faute aussi tout ça.
- Okay, vas y, je t'écoute.
- Je me sens perdue, je vis à l'étroit dans ta cellule. Si je perds pieds, c'est que j'en ai marre qu'on nous conjugue. Tu prends trop de place, t'occupes toute la surface. Et moi je m'écrase, plutôt c'est toi qui m'efface. Ton ambition cadnasse tout mes rêves de gosse. Depuis quand c'est toi la bouée quand c'est moi qui submerge ? Qui écrit quand c'est toi qui a la gamberge ? Je suis ton inspi et c'est dur à admettre, car je suis l'auteur et toi tu n'es que l'interprète.
- C'est quoi ce discours ? Tu fais demi-tour parce que tu as peur que mon succès te dévore. Je suis ton sang, celui qui n'a jamais plus qu'un tour. Je suis ton exomil comme avant dernier recours, ma belle. Je suis la rage, tu es fragile moi le dragster, je suis le Baxter de ta T.S ! Tu es mon frein et puis t'es beaucoup trop timide. Moi j'aime les refrains, j'aime quand ça rappe.Je suis la compet', j'ai du succès et ils sont fous de moi ! Toi, tu pètes un câble et tu es vexée, car on s'en fout de toi !
- Ils ont dit que j'étais morte, ils ont dit que j'avais péri. Je vous réponds que je suis forte, que je suis guérie, ils ont dit que j'avais pété les plombs, pas là pour leur cirer les pompes désormais seuls mes amis compte! La lumière les aveugle, ils peuvent dire ce qu'ils veulent mais je suis seule devant ma feuille ! Et si j'ai perdu des amis détracteurs, sachez que je n'ai pas perdu mon coeur... J'ai passé la moitié de ma vie à rechercher un équilibre pourtant libre de mes tripes, je me sentais toujours vide, prisonnière de mes tourments, j'aurais tout fait pour qu'on me libère. Toujours en marge quand les minettes portaient jupes et barrettes, mon jean était large, bagarreuse! Assoiffée par l'interdit, j'étais rebelle sans le savoir, la paix et l'âge m'ont adoucie, j'ai trouvé à boire. Le ventre plein, j'avais la rage au coeur du bide et le coeur sur la main, je crois que je suis généreuse depuis que je suis petite, sans vantardise aucune,c'est juste que c'est dans ma nature, j'avais beau jouer les dures dans le fond j'n'étais qu'une plume. En manque de regards,j'ai mis un pied dans l'espoir. J'étais l'échec en personne, en galère, petite babtou, abîmée, le cheveu noir, le regard pur.
- Tu connais ma souffrance ..."



